LES DIFFÉRENTS MODES DE TRANSMISSION DU VIH

 

La Transmission par les relations sexuelles

La Transmission par le sang

La Transmission de la mère à l'enfant (pendant la grossesse)

Les Situations sans risque de transmission

 


1 - Transmission par les relations sexuelles

C'est le mode de transmission le plus fréquent dans le monde. Le risque de transmission du VIH lors de rapports sexuels avec une personne infectée dépend de plusieurs facteurs :

Pratiques sexuelles à haut risque :

Toute pénétration, anale ou vaginale, comporte un risque de transmission du VIH. On estime que la probabilité de transmission du VIH par acte sexuel est de 0.3 %, alors qu'elle est beaucoup plus élevée pour d'autres MST, comme l'Hépatite B (3 %) ou la syphilis (30 %).

Mais le risque dépend du type de relation sexuelle et de la quantité de virus présente dans le sperme ou les sécrétions vaginales.

La pénétration anale par un homme infecté par le VIH est la pratique sexuelle qui comporte le plus haut risque de transmission du VIH (risque 5 fois plus important).

Pratiques sexuelles à risque potentiel :

A - Rapports oro-génitaux (fellation, cunnilingus, etc.) : la fellation active ou passive peut transmettre le VIH. La salive elle-même est peu ou pas contaminante, mais elle peut être mêlée à du sang (en cas de gingivite, d'inflammation de la bouche, de petits saignements).

Pratiquer une fellation sans protection ne fait pas partie des pratiques sans risque.

B - Facteurs augmentant le risque de transmission du VIH : les jeux sexuels impliquant la pénétration par un objet plus ou moins traumatisant pour les muqueuses et souillé par du sang ou des sécrétions génitales du partenaire infecté par le VIH ont par exemple été incriminés dans un cas de transmission entre deux femmes homosexuelles.

L'infectivité du partenaire infecté, c'est-à-dire la quantité de virus présente dans le sang et les sécrétions génitales, est très élevée au début de l'infection (en phase de primo-infection VIH) et aux stades tardifs (SIDA).

Chez le partenaire infecté, le sang étant le liquide contenant le plus de virus, tout saignement peut augmenter le risque de transmission : les règles chez la femme, un rapport sexuel traumatisant, une plaie ou une ulcération d'origine infectieuse. Il est également possible que, même sans saignement, une inflammation locale, quelle qu'en soit la cause (infection ou irritation), provoque une augmentation du nombre de virus au niveau de la lésion.

Toute inflammation ou plaie des muqueuses génitales favorise la transmission du VIH : infection génitale, herpès, MST, etc., ou traumatisme léger lors du rapport sexuel.

Pratiques sexuelles sans risque :

Les baisers, la masturbation, les caresses ne sont pas des pratiques à risque de transmission du VIH.

 

2 - Transmission par le sang

A - La transfusion sanguine n'est plus un risque de transmission du VIH.

La sélection rigoureuse des donneurs de sang et la mise en place d'un dépistage obligatoire pour tous les dons de sang en France en 1985 ont permis de réduire considérablement le risque de transmission du VIH par transfusion.

Un risque (très faible) de transmission du VIH persiste cependant, lié principalement à l'existence d'un délai entre la contamination par le VIH et l'apparition d'anticorps détectables (fenêtre sérologique).

Le risque que le don de sang soit effectué chez un donneur pendant la phase de séroconversion est actuellement très faible (estimé en France en 2001 à 1 pour 1 million de transfusions).

Le risque de transmission du VIH par les concentrés de facteurs de coagulation (pour les personnes hémophiles essentiellement) est devenu nul depuis que ces produits sont soumis à des techniques d'inactivation virale physiques ou chimiques.

B - La transmission par injection de drogues intra-veineuses.

Ce mode de transmission est lié à l'utilisation de matériel d'injection (seringue et aiguille), ainsi qu'à l'utilisation des objets nécessaires à la préparation de la drogue (cuillère, coton,...), qui ont été contaminés par un autre utilisateur.

C - La transmission par blessure de la peau ou des muqueuses (exposition percutanée).

Ce mode de transmission a été étudié principalement chez le personnel soignant (médecins, infirmières, dentistes,...). Le risque de contamination après un passage de sang infecté par le VIH à travers la peau a été estimé à environ 0.3 %. Il s'agit de blessures profondes, piqûres ou coupures avec du matériel sur lequel le sang du patient est visible ou avec une aiguille creuse ayant été utilisée par voie intraveineuse ou intra-artérielle directe (présence de sang contaminé dans l'aiguille). Le risque est naturellement plus élevé lorsque le patient source est à un stade tardif de l'infection par le VIH (charge virale élevée).

Le risque de transmission du VIH après un contact d'une muqueuse ou de la peau présentant des lésions avec du sang infecté est bien plus faible et a été estimé à 0.03 %.

Le liquide céphalo-rachidien, le liquide pleural, le liquide amniotique, le sperme et les sécrétions vaginales sont considérés comme des sources potentielles de contamination professionnelle.

 

3 - Transmission de la mère à l'enfant

Le VIH peut se transmettre d'une mère à son enfant au cours de la grossesse à travers le placenta (en fin de grossesse ou au moment de l'accouchement) et par l'allaitement maternel. Le taux de transmission de la mère à l'enfant, en l'absence de traitement, a été estimé à 20 %.

Ce risque a été considérablement réduit (moins de 5 %) lorsqu'un traitement par Zidovudine (AZT) est pris par la mère à partir du 3ème mois de grossesse. La prise en charge de la femme enceinte infectée par le VIH nécessite de ce fait une collaboration étroite entre le spécialiste du VIH, l'obstétricien, le pédiatre et la femme elle-même. Le traitement sera poursuivi chez la femme jusqu'après l'accouchement (perfusion pendant l'accouchement) et chez le nouveau-né (par AZT) pendant 6 semaines. Une césarienne programmée peut également être envisagée.

 

Le risque augmente avec l'âge de la mère et son niveau d'immunodépression.

Un nouveau-né de mère séro-positive a un risque de contamination évident, plus important que celui dû à la prise d'antirétroviraux pendant la grossesse. Il ne faut donc pas hésiter à instaurer un traitement en début de grossesse ou à le poursuivre pour les femmes déjà traitées.

La possibilité de transmission par l'allaitement impose, dans les pays industrialisés, de recommander à une femme infectée par le VIH de ne pas allaiter son enfant. Toutefois, dans les pays en voie de développement, cette recommandation peut être difficile à appliquer par manque de moyens ou par risque majeur d'infections liées aux problèmes d'hygiène de l'eau.

4 - Aucun risque de contamination...

...par les piqûres d'insectes (moustiques, moucherons, mouches, etc.) : les données épidémiologiques et les expériences effectuées en laboratoire montrent qu'ils ne peuvent pas transmettre le VIH.

...en mangeant ou en buvant avec les mêmes couverts qu'une personne infectée par le VIH.

...en fréquentant les lieux publics (toilettes publiques, etc.).

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